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ISTANBUL, TOPKAKI L'ÂGE D'OR DE L'EMPIRE

Réalisé par : Mathilde Damoisel Diffusion : 24 septembre 2007 / France 5 / 51'

Le Sérail (palais) de Topkapi était la résidence des sultans avant la construction du palais de Dolmabahçe. Bâti sur l’acropole de l’antique Byzance, le site domine à la fois la ville, le Bosphore et la Corne d’Or, à l’extrême pointe de la péninsule d’Istanbul.

Ce palais, constitué d’un ensemble de pavillons disséminés dans des jardins était organisé comme une vraie ville, avec harem, mosquées, bibliothèques, services extérieurs, etc., le tout entouré de hauts murs flanqués de tours de surveillance.

Le sérail est aujourd’hui un musée très mal entretenu, mais célèbre pour ses trésors, témoignages d’un passé somptueux.

La disposition des lieux et leur appellation même sont conçus pour inspirer au visiteur la vénération des sultans. On quitte la place du Divan, première cour réservée aux membres du gouvernement, par la porte des Morts, allusion peu discrète à la toute-puissance du souverain, qui avait droit de vie et de mort sur ses sujets, ministres compris.

Ce pouvoir se confirme dans la cour suivante, la cour des Hallebardiers, où des hommes de main se tenaient prêts à exécuter toutes les décisions de leur maître. Au contraire, la porte de la Félicité donne accès à la cour autour de laquelle étaient disposés les appartements privés du souverain et ses locaux de fonction : salle d’audience, archives et trésor.

Au-delà, une quatrième cour, formée de jardins en terrasses, offre des vues admirables sur le Bosphore et la Corne d’Or.
Enfin, bordant les deux cours privées du sérail, s’étend le harem auquel on ne pouvait accéder que par une seule porte, donnant sur les appartements du souverain. Du XVIIe au XVIIIe siècle, les sultans préféraient les plaisirs du harem et les fêtes somptueuses aux lourdes tâches de l’Etat.

Les grands vizirs et les sultanes mères gouvernaient en sous-main, l’armée restant vigilante et n’hésitant pas à recourir à la manière forte en cas de désaccord.  

Roxelane fut certainement la plus rusée, d’entre les favorites qui peuplèrent le gynécée. Elle parvint à mettre à ses pieds Soliman le Magnifique, alors au plus haut de sa gloire.

Topkapi, c’est aussi une véritable caverne d’Ali Baba avec une profusion de joyaux et d’objets précieux de toutes sortes.

Des manuscrits enluminés et dix mille miniatures entourent le clou de la visite : le Trésor.

Les cuisines renferment une riche et extraordinaire collection de porcelaines chinoises, parmi lesquelles des assiettes de céladon dont le vert, dit-on, change de couleur au contact d’aliments empoisonnés.

Tout ceci nous donne une image à la fois cruelle et fastueuse des souverains de la Sublime Porte.

Enfin, Topkapi, c’est aussi un sanctuaire pour les croyants. Là, dans un coin du sérail aux murs recouverts de faïence du XVIIIe siècle, un manteau du Prophète est pieusement conservé ainsi que d’autres reliques lui ayant appartenu, dont une dent et un poil de barbe, ses sabres de combat, deux épées en or, améliorées de pierres précieuses.

Figurent également  le moulage de la main du Prophète et des empreintes de ses pieds.

D’autre part, on remarque une main de saint Jean-Baptiste, qui était autrefois au monastère de Saint-Jean-de-Stoudion (Imrahor Camii) à Samatya.

 

 

Soliman le Magnifique

(1520-1566)

 

Soliman succéda sans difficulté à son père Selim qui l'avait associé depuis quelques années à la direction des affaires.

Son règne commença par une série de coups d'éclat : prise de Belgrade en 1521; prise de Rhodes, où la forteresse des chevaliers de Malte était l'une des dernières citadelles chrétiennes du Levant, en 1522; grande victoire de Mohacs sur les Hongrois en 1526.

L'époque de Soliman correspond au maximum d'extension territoriale de l'Empire; elle est aussi celle où la construction politique ottomane atteint à sa plus grande perfection.

Dixième sultan ottoman, Soliman est le plus célèbre de la dynastie. C’est sous son règne que l’Empire ottoman a atteint son apogée, aussi bien dans le domaine territorial que dans celui de l’influence politique ou du rayonnement artistique et intellectuel.

Soliman a été un souverain autoritaire, contrôlant de près ses grands vizirs, qui furent tous des hommes remarquables mais n’en subirent pas moins parfois les foudres du sultan.

Il ne toléra pas, chez ses fils, la moindre velléité d’indépendance: deux d’entre eux, Moustafa et Bayézid, coupables de rébellion, furent exécutés; le second servit de héros à Racine pour l’une de ses tragédies (Bajazet). Peut-être cette rigueur de Soliman a-t-elle été encouragée par son épouse Khourrem Sultane, connue par les Occidentaux sous le nom de Roxelane; d’origine slave, elle a exercé une grande influence sur le sultan et s’est employée à ce que son fils, Sélim (Sélim II), puisse accéder au trône.