Éclectic production

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4 SAISONS EN CAMARGUE

Réalisé par : Sam Caro Diffusion : 24 janvier 2016 / TF1 / 60'

Qu'y a-t-il de commun entre un prodige du spectacle équestre, une famille de manadiers, un viticulteur, un ornithologue et une propriétaire de chambres d'hôtes? Tout simplement, l'amour de leur région, la Camargue. Grâce à cette poignée de passionnés, ce grand reportage de 60' nous emmène à la découverte de la vie de ses habitants et d'un patrimoine naturel exceptionnel au fil des 4 saisons.

Dans l'immensité d'un paysage grandiose un homme se tient debout, sur ses chevaux, en totale liberté. Lorenzo est une star mondiale du spectacle équestre, il est né et vit en Camargue, une terre qui l'a toujours inspiré "la Camargue c'est idéal pour travailler dans la nature… Depuis tout petit, je suis debout sur les chevaux, c'est devenu une complicité". Lorenzo est un dresseur hors norme, au seul son de sa voix ses 14 chevaux se mettent en ordre, exécutent une toupie, sautent des obstacles… dans une parfaite synchronisation. Le résultat d'inlassables heures d'entraînement où l'artiste recherche avec une extrême patience tempo et  attitudes parfaites. Cette année Lorenzo est revenu du Portugal avec 6 nouvelles juments qu'il veut  intégrer à sa cavalerie pour son prochain spectacle. Un spectacle dont il a voulu donner la primeur cet été à son public de cœur, celui des arènes des Saintes Maries de la Mer.

Sa passion pour les chevaux, Lorenzo la tient de sa mère, Babeth. Babeth André tient les chambres d'hôtes du Mazet du Maréchal Ferrant, "Mon coin secret, un endroit de rêve" comme le confie l'un de ses hôtes. Dans son jardin, c'est toujours sous son grand arbre fétiche qu'elle aime réunir ses hôtes pour le petit déjeuner, un moment toujours privilégié pour elle "Mon arbre fait partie du décor… le matin on ne se presse pas, les clients sont toujours de bonne humeur, d'ailleurs il ne faut pas dire clients il faut dire mes hôtes, quand ils arrivent ici ça leur donne un petit coup de soleil!". Babeth tient ses chambres d'hôtes depuis près de 40 ans, une pionnière en Camargue. Au fil des années elle s'est constituée une clientèle de fidèles devenus pour beaucoup d'entre eux des amis, elle vient d'ailleurs de rebaptiser ses chambres d'hôtes en "chambres d'amis".

 Tout près de chez Babeth, le parc ornithologique du Pont de Gau s'étend sur plus de 60 hectares d'étangs et de marais. C'est une même et seule famille, les Lamouroux, qui gère ce parc depuis près de 70 ans. A sa tête aujourd'hui, Frédéric, un passionné d'ornithologie formé auprès de son père René. Frédéric et son équipe travaillent toute l'année pour accueillir plus de 5000 oiseaux migrateurs dont plus de 2000 flamants roses, l'oiseau emblématique de la Camargue "C'est comme une auberge, on prépare les chambres, on prépare les lits…  On essaie de donner toutes les conditions pour que les oiseaux puissent venir, s'installer, nicher, faire une halte migratoire et puis tout est mis en œuvre pour que le public puisse les observer le plus facilement possible." Et le succès auprès du public ne se dément pas, 100 000 visiteurs viennent des quatre coins de la planète chaque année le visiter. L'équipe s'est aussi donné comme mission de recueillir les oiseaux blessés, plus de 600 de toutes espèces sont pris en charge au centre de soins chaque année puis sont réintroduits dans la nature après leur convalescence. Cette année encore, Frédéric et son père René aménagent un îlot  pour permettre aux flamants roses de nidifier, les deux hommes rêvent de voir un jour éclore dans leur parc des petits flamants…

Au nord de la Camargue, changement de décor, le pays d'Arles, le grenier de la région. Ici, les terres agricoles sont irriguées par le Rhône par un savant système de canaux. Grâce à cette eau douce en abondance, Pierre Cartier peut exploiter ses 300 hectares. Il est l'un des derniers agriculteurs à combiner comme autrefois cultures du riz et vignoble. Dans son domaine de Beaujeu, il se bat chaque année avec Henri, son ami œnologue, pour maintenir une agriculture biologique et donner ses lettres de noblesse à un vin de Camargue longtemps décrié. Chaque année, le moment des vendanges est le temps fort de l'exploitation, chez Pierre Cartier on vendange au milieu de la nuit pour obtenir une meilleure qualité du vin et la récolte est entièrement mécanisée "aujourd'hui pour les vendanges nous sommes 4…Pour faire le même travail il y a une quinzaine d'années, il aurait fallu  une vingtaine de personnes dans les vignes, la machine nous permet de récolter aujourd'hui jusqu'à 10 hectares par jour, c'est un passage obligé pour moi". Chaque week-end, son fils Julien quitte son lycée viticole pour venir donner un coup de main à son père et continuer à se former car le fils se voit déjà prendre un jour la relève du père, il deviendrait alors la 5ème génération des Cartier à exploiter ce magnifique domaine "depuis tout petit j'étais déjà dans la cabine du tracteur, c'est ça qui m'intéresse, je suis pas fait pour un métier où on est enfermé dans des bureaux." Le père et le fils ont une autre passion commune, la mécanique. Une fois leur travail terminé, ils aiment rouler sur les petites routes de Camargue au volant d'un Ford des années 30 qu'ils ont eux-mêmes remonté! Leur destination préférée, l'immense étang de Vaccarès, l'un des joyaux de la réserve naturelle de Camargue.

Tout au sud de la Camargue, plus aucune culture et pour cause, ici tout n'est qu'étangs, mer et marais, une steppe  d'eau douce et de sel…c'est la Camargue sauvage, le royaume des oiseaux, des chevaux et des taureaux. C'est dans ces paysages extraordinaires que vit la famille Raynaud, ils élèvent 250 taureaux de race Camarguaise sur 1000 hectares, une manade comme on dit ici. Frédéric Raynaud est le propriétaire de cette exploitation centenaire. Son principal gagne-pain, louer ses meilleures bêtes pour les courses de taureaux camarguaises qui ont lieu dans tous les villages de la région, du printemps à l'automne. Avec son père Marcel et son oncle Jean, 89 et 87 ans toujours actifs,  il vit au quotidien au milieu de ses taureaux " notre vie c'est le taureau…Je suis né dans les taureaux, je vis dans les taureaux et je mourrai dans les taureaux, le taureau pour nous c'est un dieu, on le respecte, on le vénère…c'est notre animal préféré, c'est comme nos enfants…". Pour sélectionner le bon taureau et l'emmener aux courses,  les hommes doivent partir trier le troupeau à cheval, on les appelle des gardians, les cousins Français des gauchos Argentins et des cow-boys Américains. Le tri est un exercice dangereux, les chevaux, de race Camarguaise, sont spécialement entraînés pour aller au contact des taureaux. C'est un travail que Frédéric et sa famille montrent de plus en plus aux touristes qui viennent visiter leur manade, le tourisme est devenu un impératif économique pour la survie des manades car les courses camarguaises intéressent de moins en moins les jeunes générations. Pourtant les deux filles de Frédéric, Aude et Aurélie, espèrent elles aussi  prendre la suite de leur père, comme les 5 générations de manadiers qui les ont précédées.