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LES GARDIENS DU REEF

Réalisé par : Gérard Maximin Diffusion : 5 novembre 2017 / France Ô / 52'

Au cœur de l’Amérique centrale se niche un minuscule pays d’à peine 23 000 km² qui regorge pourtant d’un environnement et d’une biodiversité inouïs. Inouïs par la variété des milieux naturels qu’on y trouve, par les centaines d’espèces animales et la faune qui s’y épanouissent.

Situé aux confins de la mer des Caraïbes, le pays demeure encore très méconnu. Pourtant, c’est le paradis des plongeurs subaquatiques du monde entier. Car le Belize s’ouvre sur la mer des Caraïbes et sa côte est bordée par la plus grande barrière de corail de l’hémisphère Nord.

Longue de 1 000 km, elle s’étend du Mexique, au Nord, jusqu’au Honduras pour sa partie Sud. Ce récif corallien extrêmement riche abrite un réseau de réserves naturelles destiné à préserver ce joyau, inscrit sur la Liste du patrimoine mondial de l’UNESCO depuis 1996.

Sur l’eau, près de 450 cayes, des atolls ou encore de spectaculaires formations géologiques soulignent le tracé de la barrière de corail. Sous l’eau, ce sont plus de 500 espèces de poissons et crustacés, dont certaines encore à découvrir, et une centaine de variétés de coraux qui colorent les fonds marins. Une explosion de vies qui attire chaque année de nombreux touristes. Pour concilier protection de la nature et développement économique, le Belize peut compter sur l’aide d’associations, d’ONG, de scientifiques ou de simples habitants, pêcheurs… Tous œuvrent à la préservation de la barrière de corail…

 

Dans la réserve naturelle d’Hol Chan, à la frontière mexicaine, Rachel GRAHAM -biologiste- part pour sa mission hebdomadaire à bord d’un bateau. Cette spécialiste des grands prédateurs s’est pris de passion pour les requins il y a plus de 20 ans. Aujourd’hui, elle s’apprête à plonger pour photographier, compter et identifier clairement chacun des requins qui grouille dans ces eaux transparentes. Déterminer précisément la démographie de cette population est une information précieuse : la présence des squales est un excellent indicateur de la bonne santé du récif et surtout du bon équilibre de la chaîne alimentaire.

Ancien pêcheur de requins, Daniel CASTELLANOS a aujourd’hui radicalement changé de proie. Activité vitale pour le pays, la pêche a été strictement encadrée par le Gouvernement pour préserver au mieux la ressource en poissons et assurer ainsi une bonne santé au récif corallien. Pêcheur de père en fils, Daniel a pris conscience de l’impact de son activité sur l’environnement et s’est donc tourné vers la pêche à la langouste... Mais sans casier, beaucoup trop destructeur. Il pêche au collet à quelques encablures de Monkey River, son village de pêcheurs.

Attirés par les langoustes, les conques et les poissons, des pêcheurs clandestins venus des pays limitrophes pillent la ressource dans les eaux béliziennes. Pour lutter contre cette pêche illégale, un bateau patrouille. À son bord : l’équipe de rangers de Punta Gorda contrôle les prises des embarcations et sensibilise les pêcheurs à respecter les périodes de pêche dans les 5 zones protégées par le département des pêches du Belize. Les langoustes, étroitement surveillées par ces rangers, prolifèrent à nouveau même si les eaux sont touchées par la pollution et le réchauffement climatique.

Dans ce contexte, le corail souffre et meurt à petit feu... Pourtant cette barrière de corail concentre 20 % des coraux du monde entier : un précieux patrimoine naturel que Lisa Carne, biologiste a décidé de sauver. Elle s’est lancée dans une fastidieuse entreprise : restaurer les coraux de l’atoll de Laughing Bird qui ont fini d’être détruits par un terrible ouragan en 2001. Lisa a alors créé dans les fonds sablonneux une véritable nurserie dans laquelle elle réalise des « boutures » de corail qu’elle replante ensuite. Grâce à son travail, 35% du corail ont déjà reconquis les eaux de l’atoll.

Si la barrière de corail abrite une quantité phénoménale d’espèces de poissons, dont certaines endémiques, il est un pensionnaire dont l’écosystème se passerait bien ! Le lion Fish est une calamité dans cet environnement si bien équilibré. Redoutable prédateur, le lion Fish dévore tous les autres poissons et alevins sur son passage. Athlee MATUTE a donc la mission d’éliminer ce fléau : il les chasse au harpon. Et pour se faire aider, Athlee sensibilise les plongeurs et les encourage à faire de même. D’autant plus qu’une fois ses épines dorsales ôtées, il s’avère être un délicieux mets !

Depuis 2011, un autre soigneur du récif s’active : Lowell Godfrey s’est lancé dans la culture d’algues. Au cœur de la barrière de corail, les pieds dans l’eau, entre ciel et mer, Lowell s’occupe de sa dizaine de parcelles où grandissent deux variétés d’algues très demandées dans la cosmétique, la médecine et l’alimentation… D’ailleurs, à Placencia, les bars concoctent des milkshakes et cocktails à base d’algues prisés des locaux ! La production encore confidentielle pourrait bien s’accroître les prochaines années car le Belize souhaite développer de nouvelles fermes de production.

Ces algues constituent la nourriture des tortues dont la biologiste Linda Searle prend soin. Cela fait maintenant 5 ans qu’elle établit une base de données pour estimer leur population dans la zone de la barrière de corail. En bateau, elle emmène pêcheurs, plongeurs et toute autre personne tentée de lui donner un coup de main. Car pour identifier une tortue, mieux vaut être nombreux ! Il faut l’attraper dans l’eau mais surtout la hisser à bord du bateau ! Une opération commando qui permet ensuite à Linda de réaliser tous les examens d’identification nécessaires…

À quelques centaines de mètres du littoral, entre luxueux palaces et mangroves, un autre animal trouve son bonheur : le crocodile américain. Il se rapproche toujours un peu plus des habitations, attiré par la nourriture que lui offrent les poubelles ! Alors, dès qu’il menace les riverains, ces derniers font appel à Chris SUMMERS. Ce défenseur de la nature est le Crocodile Dundee du Belize. Une fois capturé, le reptile est identifié et marqué d’une puce puis relâché plus loin dans la mangrove.

Une mangrove qui abrite aussi un autre animal : une espèce en danger. Le lamantin raffole des algues et planctons des eaux saumâtres, mélange d’eau douce et d’eau salée. Cette « vache des mers » broute les fonds marins et nage près de la côte. Menacés par les bateaux dont la vitesse de navigation excessive ne laisse pas la chance aux mammifères de s’éloigner à temps, les lamantins sont régulièrement percutés, blessés par les hélices. Paul Walker, zoologiste, a décidé de créer en 1990 un centre de soins pour les accueillir. Ils sont alors pris en main par une équipe d’écovolontaires : Jaimilee CRUZ s’occupe d’une jeune pensionnaire récemment arrivée qui recouvrera la liberté dès quy’elle sera soignée.

Au cœur de la barrière de corail du Belize, dans un décor idyllique, Hommes et animaux sont étroitement liés. Grâce à l’investissement de ces bienfaiteurs et de centaines d’autres personnes, le récif corallien et ses pensionnaires ont encore de beaux jours devant eux !

 

Issu de ce 52' :

 

SITES INTERNET

MarAlliance

Réserve marine d’Hol Chan

Monkey River, village de pêcheurs

Réserve Marine de Port Honduras

TIDE – Toledo Institute for Development & Environment

Laughing Bird Caye

Fragments of Hope

ECOMAR Belize

Ferme d’algues - Placencia Seaweed Farmers

ACES – American Crocodile Education Sanctuary

Wildtracksprotection des lamantins

 

BIBLIOGRAPHIE

Belize, collectif auteurs, Lonely Planet (2016)

Belize, Bernard Montabo et Léon Sanite, Nouvelles Editions de l’Université (2017), Collection Country Guide

 

REMERCIEMENTS

Alexandra COUSTEAU

Nadia BOOD, WWF

Jamal GALVES, Sea2Shore

Manon MAZELLA

Joni MILLER, Ocean Academy

Wilfred Pascascio