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FLEXIBILITÉ, LE MIRAGE DE L'EMPLOI

Réalisé par : Marion Vaqué-Marti Diffusion : 3 décembre 2017 / France 5 / 52'

Depuis plus de 30 ans les politiques de droite comme de gauche ont mené notre marché du travail à toujours plus de flexibilité. L’idée est largement ancrée que notre pays souffre d’une trop grande rigidité et qu’elle serait la cause de notre chômage endémique. Le MEDEF comme certains économistes ont largement œuvré pour que l’histoire retienne cette version : flexibilité VS chômage.

Le précédent gouvernement socialiste a apporté sa pierre à l’édifice.

En 2016 François Hollande envoie Myriam El Khomry au bûcher en lui faisant porter la fameuse et brûlante loi Travail.

Cette loi est notre tremplin pour un établir un premier état des lieux : le travail en France manque-t-il vraiment de flexibilité ?

Pourquoi notre pays continue-t-il de n’offrir comme seule réponse au chômage la flexibilité, alors même que l’OCDE a reconnue dès 2005  « qu’il n’existe aucun lien entre la difficulté à se séparer d’un salarié et le chômage. » Aujourd’hui nous savons que les travailleurs flexibles représentent la variable d’ajustement, chère aux chefs d’entreprise.

Aujourd’hui, 87% de l’emploi est encore placé sous le signe du CDI mais 85 % des embauches se font en CDD ! Ce qui signifie qu’en 2015 par exemple, 20 millions des 23 millions de contrats de travail signés étaient des CDD, et c’est sans compter avec l’intérim et les apprentis.

Ce film propose une investigation au cœur du monde du travail français pour savoir enfin où nous en sommes avec la flexibilité. Aujourd’hui en France qui sont les travailleurs flexibles ? Quel impact sur leur vie ? Et surtout la flexibilité est-elle un remède au chômage ?

La flexibilité ne serait-elle qu’un miroir aux alouettes ? Nous décidons de passer de l’autre côté du miroir.

Et si la France n’était pas ce paradis pour les salariés et cet enfer pour les patrons ? Nous sommes dans le pays d’Europe qui utilise le plus de contrats de moins de 3 mois. Entre 2000 et 2010, les contrats de moins de 1 mois ont augmenté de 88%, ceux de moins d’une semaine de 120%.

Dominique Meda, sociologue du travail, Philippe Askenazy, économiste salarié et chef d’entreprise reviennent sur ce chiffre.

Le coût des salariés et le coût de notre protection sociale sont toujours au centre d’un débat idéologique houleux. Le coût – soit disant exorbitant – du travail, sert à justifier le discours actuel sur la flexibilité comme seul moyen de sauvegarder les emplois.

La conclusion de cette enquête est claire : la variable d’ajustement que constituent les travailleurs flexibles sert avant tout les actionnaires et leur désir de « superformer » leurs bénéfices, chaque année on en veut plus !