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SUR LA ROUTE DES GRANDES ALPES

Réalisé par : Mathilde Deschamps-Lotthé Diffusion : 2 novembre 2016 / France 3 / 110'

Des Racines et des Ailes - Passion Patrimoine

Partir sur la route des Grandes Alpes, c’est partir pour un voyage de 680 kilomètres, de Thonon-les-Bains, sur le lac Léman, jusqu’à Menton, au bord de la Méditerranée. Un véritable road-movie patrimonial. Cet itinéraire mythique est imaginé à la fin du 19esiècle par les militaires pour défendre la frontière italienneRepris vers 1910 par le Touring Club de France, le tracé devient un itinéraire pour faire découvrir les Alpes aux premiers automobilistes.

Nous prenons d’abord la route avec un écrivain-voyageur, Philippe Lemonnier, qui nous emmène à la découverte des endroits les plus intéressants de cette voie de légende. Avec lui, nous traversons la Haute-Savoie, puis la Savoie, découvrons les plus beaux cols du début de l’itinéraire : le col des Aravis et ses alpages, le Cormet de Roselend après un extraordinaire lac surplombé de sa petite chapelle, le mythique col du Galibier et ses cyclistes, ou encore le col de l’Izoard, porte d’entrée d’un des paysages les plus spectaculaires de la route, la Casse Déserte : un paysage lunaire. Plus loin, nous nous arrêtons pour découvrir des patrimoines humains et architecturaux remarquables, telles que la singulière église de Hauteluce en Haute-Savoie, un chalet d’alpage, ou encore le refuge Napoléon au pied de l’Izoard.

Nous suivons ensuite une spécialiste des sites naturels classés. Juliette Bligny part inspecter trois des paysages les plus magnifiques de Haute-Savoie : les Gorges du Pont du Diable, le Cirque du Fer à Cheval, et l’incroyable désert de Platé. L’enjeu de ces visites : savoir comment protéger au mieux ces lieux tout en les rendant accessibles aux visiteurs…

Toujours dans le département de la Haute-Savoie, la monumentale Chartreuse du Reposoir révèle ses secrets de l’art gothique montagnard. On y découvre, avec une guide du patrimoine, l’influence des moines sur l’architecture et le paysage. Monastère, chalets, ou encore une étonnante ruine cachée dans les bois racontent cette précieuse histoire.

La vallée de Morzine est le décor choisi par un passionné de rapaces pour faire voler ses aigles, en liberté, afin de leur réapprendre à vivre dans leur milieu naturel. Sur le lac de Montriond, surnommé "le petit Canada", le pygargue à queue blanche plane majestueusement et ajoute encore de l’ampleur au paysage.

La traversée des Alpes, c’est aussi la passion de pilotes, les héritiers des pionniers de l’aviation. Noël Genet part de l’altiport de Méribel avec un élève en formation. Tous deux doivent réaliser un atterrissage sur le glacier de Saint-Sorlin. Au passage, ils survolent des cols enneigés au plus près des parois. Nous les retrouvons dans le massif du Dévoluy, sur les traces des pilotes du début du 20e siècle. L’équipage suit les premières voies aériennes empruntées dès les années 1900. Ils font ainsi vivre les altisurfaces de la région, ces surfaces d’atterrissage aménagées en montagne sur des terrains naturels.

L’histoire du franchissement des Alpes est liée à sa géographie. Pour comprendre pourquoi les hommes ont privilégié tel ou tel passage à travers les âges, comment ils ont défendu ces voies de circulation, nous embarquons à bord d’un avion avec le géographe Christophe Gauchon. Au programme : le survol de deux des plus importantes voies de passage de Savoie : la vallée de la Maurienne et de la Tarentaise.

Ce film, c’est aussi la rencontre avec les personnes qui vivent le long de la route des Grandes Alpes : les derniers agriculteurs à faire le foin sur des pentes à 2 000 m d’altitude, comme dans le massif de la Vanoise, au-dessus de Bonneval-sur-Arc. Dans le Queyras, nous partons à cheval pour une randonnée transalpine : les cavaliers empruntent des chemins spectaculaires entre la France et l’Italie. L’historienne Elsa Giraud décrypte les influences artistiques, le quotidien des personnes qui empruntaient ces chemins. Nous traversons alors un des villages les plus élevés d’Europe : Saint-Véran, dans les Hautes-Alpes, et arrivons jusqu’au magnifique village de Chianale, en Italie.

En voiture, nous découvrons les deux derniers départements traversés par la route : les Alpes-de-Haute-Provence et les Alpes-Maritimes. Aux côtés de Jean-Loup Fontana, conservateur du patrimoine et passionné par l’histoire de cette route mythique, nous partons du vallon du Bachelard et ses étonnants ouvrages d’art, traversons le col de la Cayolle, pour descendre vers les Alpes-Maritimes. Ici, la végétation change, le relief évolue, c’est la magie de la route : voir défiler des paysages qui se transforment tout au long de ces 680 kilomètres. Jean-Loup Fontana révèle quelques trésors. Celui, caché, des peintures murales de la petite chapelle de Roubion, mais aussi, la singulière redoute des trois communes -le premier exemple de construction militaire en béton armé- ou enfin, la splendide place baroque de Sospel.

Loin des sommets inaccessibles ou des images d’Epinal des alpages, ce film itinérant nous offre une autre vision du massif des Alpes. La traversée de paysages inattendus qui évoquent parfois les horizons lointains du Colorado, de la Corse ou encore ceux de la Mongolie.